Le procureur de la République, Sérigne Bassirou Guèye, qui a ouvert une information dans l’affaire du salon de massage «Sweet Beauté spa», a préféré viser X, pour inconnu, dans son réquisitoire introductif transmis au juge du 8e cabinet. Alors que la jeune masseuse de 21 ans, Adji Sarr, a nommément cité dans sa plainte l’opposant, Ousmane Sonko qu’elle a accusé de viols répétitifs avec arme à feu et menaces de mort ». Une énigme qui a poussé PressAfrik à comprendre la démarche de Serigne Bassirou Gueye, dans cette affaire qui fait couler beaucoup d’encres. Des juristes évoquent la « prudence » et le « manque d’éléments accréditant un viol ».

L’affaire opposant Ousmane Sonko à Adji Sarr fait toujours jaser. S’il y a quelque chose que bon nombre de Sénégalais n’arrivent pas à comprendre, c’est bien le réquisitoire du juge d’instruction qui vise X et non le présumé auteur des « viols répétés » notamment le leader de Pastef Les patriotes, Ousmane Sonko, cité par la présumée victime. Le juriste Me Abdoulaye Babou, joint par PressAfrik, a apporté quelques éléments de réponses. Selon lui, cette décision du juge du 8e cabinet, « C’est une sorte de prudence ».

D’emblée, le juriste a rappelé que : « Le procureur de la République a l’opportunité des poursuites. Cela veut dire que c’est lui, au nom de la société, qui prend l’initiative de poursuivre ». Précisant qu’il y a « plusieurs formes de poursuites ».

Me Babou d’expliquer : « Première option, on peut poursuivre une personne dénommée. Cela veut dire qu’on a déjà identifié la personne contre laquelle on doit ouvrir l’enquête. Deuxième option, on peut poursuivre contre X, cela veut dire, on ouvre une instruction par exemple et on laisse le soin au juge d’instruction saisi de commencer une enquête. C’est à lui, à partir de ses investigations, des pièces dont il dispose, d’entendre des personnes jusqu’à identifier celui qu’on appelle X et qui devient Masamba ou Mademba ».

C’est une sorte de prudence ?

Interrogé sur le comment doit se dérouler l’enquête, l’avocat a fait savoir que « le procureur, quand il saisit le juge d’instruction, celui-ci peut commencer à partir des éléments qui sont contenus dans son dossier à faire des auditions, mais de simples auditions, c’est-à-dire, commencer à entendre des témoins. Mais ces mêmes témoins, avec l’évolution de la procédure, on peut aller jusqu’à identifier la personne qu’on cherche »

Pour lui, cette démarche de Serigne Bassirou Gueye, n’est rien d’autre qu’une « sorte de prudence ». « C’est une sorte de prudence. On commence par l’appel des témoins et au fur et à mesure, on commence à cerner le dossier, et X étant identifié pour avoir fait ceci ou cela, maintenant, on inculpe. Inculper, c’est un pas en avant qui est différent de témoin », a-t-il souligné.

En terme plus clair, dans cette affaire de mœurs impliquant le principal opposant à Macky Sall, « le juge d’instruction va entendre tous les témoins y compris Ousmane Sonko en sa qualité de témoin », si l’on en croit à notre interlocuteur. Après recoupement de tous les témoins, a souligné l’avocat, « il va maintenant se faire une idée ».

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Ainsi, a-t-il ajouté, « S’il y a des éléments suffisants qui lui permettent de poursuivre, en ce moment-là, il inculpe. Si vous êtes inculpés, vous changez de statut. De témoin, vous devenez inculpé ».

« Rien n’est encore joué dans le ce dossier »

Par contre, a poursuivi le juriste, « Si dans le même dossier, on l’entend à titre de témoin et on va jusqu’au bout y a rien, en ce moment-là, il n’y aura rien. Le juge d’instruction va prendre une ordonnance montrant qu’il ne peut pas continuer parce qu’il n’a rien vu ».

Soulignant que dans ce dossier d’Ousmane Sonko, « rien n’est encore joué ». Et « c’est l’enquête qui va donner au juge d’instruction les éléments nécessaires pour poursuivre ou ne pas poursuivre ».

aucun élément objectif matériel de nature a accrédité un viol

Un autre juriste qui a souhaité garder l’anonymat a expliqué pourquoi cette plainte contre X et non le principal accusé, Ousmane Sonko. « C’est parce qu’aucun élément objectif matériel de nature a accrédité un viol n’est recueilli par la gendarmerie. De même, les déclarations de la plaignante sont pleines de contradictions et d’incohérences. Le certificat médical ne montre même pas qu’il y a eu un rapport sexuel ».

Pour toutes ces raisons, selon notre interlocuteur, « le dossier arrivé chez le procureur, il dit qu’il va ouvrir une information judiciaire, mais curieusement au lieu d’ouvrir l’information contre la personne au quelle la plainte est dirigée, il décide d’ouvrir une procédure contre X. Autrement dit, X signifie que l’auteur du viol n’est pas identifié et il saisit un juge d’instruction».

À ce stade, on peut émettre trois hypothèses si l’on en croit à notre interlocuteur : « D’abord, le dossier du viol n’est pas solide. Ensuite, il ne dispose pas d’éléments contre Ousmane Sonko. Ou soit la loi lui interdit de poser des actes de poursuites contre un député. Et donc, il décide de viser X et non Sonko ».

En ce qui concerne l’enquête, dans la marche normale des choses, explique cette source, « le juge d’instruction devrait d’abord poursuivre des enquêtes jusqu’à avoir des éléments qui lui permettent de dire : ‘c’est peut-être Sonko qui l’a fait’. Et en ce moment, sur la base de ces éléments de fait, il renvoie le dossier au procureur et lui dit que : ‘vous m’avez saisi pour X, voici les éléments que j’ai retrouvés, je vous laisse apprécier’ ».

Ainsi, « si le procureur apprécie qu’au vu de l’avancée du juge d’instruction, il y a des éléments qui permettent d’identifier X et que ce X pourrait être Ousmane Sonko, en ce moment, on devrait demander la levée de son immunité parlementaire. Ce qui n’a pas été fait », déplore-t-elle.
la présence ou non de Adji Sarr au procès

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La présence ou non de l’accusatrice, Adji Sarr, disparue physiquement et virtuellement est aussi une autre interrogation chez des Sénégalais, au vu de la tournure que l’affaire a prise. L’interlocuteur de PressAfrik a émis même des doutes sur la tenue d’un procès.

« Attendons d’abord de voir s’il y aura procès. N’eut été la personnalité de la personne mise en cause et de l’enjeu politique, cette affaire aurait été classée. Elle n’aurait même pas fait objet d’une ouverture judiciaire », a-t-il soutenu.

Un autre juriste qui a souhaité garder l’anonymat a expliqué pourquoi cette plainte contre X et non le principal accusé, Ousmane Sonko. « C’est parce qu’aucun élément objectif matériel de nature a accrédité un viol n’est recueilli par la gendarmerie. De même, les déclarations de la plaignante sont pleines de contradictions et d’incohérences. Le certificat médical ne montre même pas qu’il y a eu un rapport sexuel ».

Pour toutes ces raisons, selon notre interlocuteur, « le dossier arrivé chez le procureur, il dit qu’il va ouvrir une information judiciaire, mais curieusement au lieu d’ouvrir l’information contre la personne au quelle la plainte est dirigée, il décide d’ouvrir une procédure contre X. Autrement dit, X signifie que l’auteur du viol n’est pas identifié et il saisit un juge d’instruction».

À ce stade, on peut émettre trois hypothèses si l’on en croit à notre interlocuteur : « D’abord, le dossier du viol n’est pas solide. Ensuite, il ne dispose pas d’éléments contre Ousmane Sonko. Ou soit la loi lui interdit de poser des actes de poursuites contre un député. Et donc, il décide de viser X et non Sonko ».

En ce qui concerne l’enquête, dans la marche normale des choses, explique cette source, « le juge d’instruction devrait d’abord poursuivre des enquêtes jusqu’à avoir des éléments qui lui permettent de dire : ‘c’est peut-être Sonko qui l’a fait’. Et en ce moment, sur la base de ces éléments de fait, il renvoie le dossier au procureur et lui dit que : ‘vous m’avez saisi pour X, voici les éléments que j’ai retrouvés, je vous laisse apprécier’ ».

Ainsi, « si le procureur apprécie qu’au vu de l’avancée du juge d’instruction, il y a des éléments qui permettent d’identifier X et que ce X pourrait être Ousmane Sonko, en ce moment, on devrait demander la levée de son immunité parlementaire. Ce qui n’a pas été fait », déplore-t-elle.

La présence ou non de l’accusatrice, Adji Sarr, disparue physiquement et virtuellement est aussi une autre interrogation chez des Sénégalais, au vu de la tournure que l’affaire a prise. L’interlocuteur de PressAfrik a émis même des doutes sur la tenue d’un procès.

« Attendons d’abord de voir s’il y aura procès. N’eut été la personnalité de la personne mise en cause et de l’enjeu politique, cette affaire aurait été classée. Elle n’aurait même pas fait objet d’une ouverture judiciaire », a-t-il soutenu.

pressafrik

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