Le mystère du bruit terrifiant entendu aux HLM Palmas (Golf sud à Guédiawaye), n’est toujours pas résolu. Mouhamadou Lamine Kébé, élève ingénieur en Réseaux et télécommunication à l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar, propose une solution assez original. L’élève suggère l’utilisation d’une technique appelée “Digital signal processing” qui permettrait, selon lui, d’indiquer les sources du bruit. D’autant plus que, selon les témoignages du propriétaire de la maison, le bruit date de 1985. Voici le contenu de son hypothèse.

4 hypothèses : de l’eau, un serpent, un “raab”, un inconnu X

Un bruit soumis à une analyse spectrale renseigne sur les différentes bandes de fréquence dans lesquelles celui-ci évolue et son observation dans le domaine temporel permet de déceler son évolution dans le temps : forme, intensité. Une vidéo effectuée par Sunugal24 nous a permis d’extraire le bruit sur les lieux qui ne dure d’ailleurs que 17s. Car une observation minutieuse de la forme du signal sur toute la durée de l’enregistrement révélera que le bruit a été répété plusieurs fois sur la vidéo donnant la sensation que le bruit dure 1mn 10s.

La séquence extraite a permis de connaître le comportement du bruit dans le temps et a été soumise à un algorithme qui permet de tracer la densité spectrale de puissance. Les résultats obtenus permettent aussi de noter que la majeure partie de la puissance du bruit se trouve entre 100Hz – 200Hz. Ces résultats donnent déjà des indices de référence quant aux prochaines étapes. L’enquête permet d’émettre 4 hypothèses suivant la nature du bruit.

1- Le bruit provient des conduites d’eau

Une observation de l’activité acoustique, cette fois-ci, sur une journée devra être soumise aux même traitements que l’extrait déjà cité. Ces données devront être combinées avec une observation de la consommation d’eau métrique de la maison et des voisins suivant la configuration du réseau hydraulique. Si le bruit provient des conduites d’eau, lors des pics de consommation d’eau, la puissance du signal au niveau de la bande [100Hz-200Hz] augmentera et non au niveau des autres bandes. L’enregistreur/détecteur de bruit devra être placé de telle sorte que l’intensité recueillie soit à son max pour localiser l’emplacement de la source. La forme du signal sur la durée aurait seulement suffit pour faire la correspondance mais pour ne pas fausser l’interprétation avec d’autres signaux qui pourraient s’y ajouter comme l’aveu d’un des enquêteurs qui doute s’il y a echo des murs ou pas sur le bruit, il est important d’associer les deux.

D’après un ancien responsable de la SDE consulté dans la zone des HLM Las Palmas, la zone est un lieu qui abrite beaucoup de conduites d’eau et qu’un défaut de fabrication ou une fuite d’eau pourrait bien occasionner le bruit : des indications pour mieux orienter les enquêteurs lors de l’interprétation des données avec un détecteur de bruit datalogger muni d’une balise GPS disponible sur le marché ou DIY (0bjet connecté – Microcontrôleur – capteurs – Module de communication – carte mémoire – caméra) . Après “analyse objective” de ces éléments avec d’autres allant dans le même sens et en cas de confirmation, les services compétents pourront être dépêchés au plus vite afin de résoudre les défaillances maintenant localisées et connues.

2- Le bruit provient du sifflement d’un reptile

La voix humaine a une bande de fréquence spécifique où elle opère selon que le sujet soit un homme ou une femme, de même que pour les animaux . Le responsable du reptilium de Hann a déclaré en un premier temps que le bruit pourrait provenir du python de séba, le plus grand serpent d’Afrique avant d’écarter la thèse après. Le sifflement des serpents a une forme et une distribution spectrale de puissance spécifique. En analysant le sifflement réel d’un serpent obtenu dans une banque de son, on peut noter cette fois ci des activités du signal allant jusqu’à la bande des 9000 Hz avec des piques sur 3735 Hz.

Loin de conclure avec cette remarque légère, un recensement des sifflements des serpents dont l’environnement des HLM Las palmas serait favorable à leur développement devra être fait et les signaux recueillis feront l’objet du même traitement jusqu’ici soumis à tous les signaux étudiés. Les résultats obtenus sur l’observation de l’activité acoustique avec le détecteur et les résultats obtenus sur le traitement numérique d’un sifflement formeront un dataset (jeu de données) qui, soumis à une fonction de corrélation ou pour d’autre à un algorithme d’intelligence artificielle résultera d’une valeur comprise entre [-1 ; 1]. Ce résultat permettra de “confirmer” ou “d’infirmer” de manière rigoureuse et rationnelle l’hypothèse soulevée et en cas de confirmation faire appel aux services compétents afin de venir au plus vite cueillir l’animal avec des méthodes beaucoup plus évoluées sans pour autant avoir recours à des pièges impliquants la vie d’autres animaux.

3- Le bruit provient d’un “RAPP”

L’exercice dans lequel s’adonne ce présent texte est purement rationnel mais compte tenu du contexte et des réalités culturelles locales, la mention d’une telle hypothèse devient justifiable. Par contre, l’exercice s’abstiendra alors d’une quelconque étude allant dans ce sens mais invite les enquêteurs à solliciter au besoin l’expertise des spécialistes locaux afin de faire disparaître le “bruit”.

4- Le bruit provient d’une source X, inconnue

Il est important de réserver une telle hypothèse car au cas où des éléments de l’enquête ne corroboreraient avec aucune des hypothèses susmentionnées, ces éléments réunis aideront à former d’autres hypothèses pour la même démarche. Afin de classer les hypothèses par priorité, un fait important est à considérer : contrairement à ce que beaucoup de médias avaient relayé au début, le “bruit” des HLM Las Palmas est un phénomène qui ne date pas depuis 6 mois mais depuis 1985 d’après un septuagénaire qui déclare avoir cédé la maison à l’Imam Seydi après avoir délogé sa tante à cause de ce bruit à l’époque et son ami qui n’aura vécu que 3 mois dans cette maison.

L’expérience a montré que la règle de rigueur à laquelle toutes conclusions de cette enquête devraient être soumises est la suivante : La source du “bruit” DOIT être détectée ET le “bruit” DOIT être éliminé.

À cette ère des nouvelles technologies, les collectivités territoriales doivent intégrer dans la définition de leurs politiques de sécurité les nouvelles tendances en matière de Smart Cities, former leurs agents dans ces bonnes pratiques en plus de privilégier la formation d’équipe d’enquêteurs pluridisciplinaires faisant preuve de capacité d’abstraction devant les faits et d’une rigueur absolue dans la démarche et dans la conclusion.

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