Dégâts collatéraux des dernières émeutes, près de 55% des forces de sécurité enclins à voter pour Pastef
Dégâts collatéraux des dernières émeutes, près de 55% des forces de sécurité enclins à voter pour Pastef

Quelques deux mois après les émeutes généralisées au Sénégal des suites de l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko, ès forces de sécurité et défense impliquées dans les différents dispositifs, continuent de s’interroger sur le pourquoi et comment de cette hécatombe meurtrière. Même si le président Macky Sall a mis à disposition une prime dite Prime Adji Sarr pour insuffler un nouveau moral, « Il y a un phénomène de grande fatigue professionnelle et de déception ». Et selon de nombreux témoignages, près de 55 % d’entre eux auraient l’intention de voter Pastef aux prochaines élections. Un véritable séisme !

Décidément, malgré les récentes violences qui ont émaillées le Sénégal avec son lot de morts, de blessés, vandalisme et de pillage des suites de l’arrestation de Ousmane Sonko , accusé de viols multiples et menaces de morts, le Pastef est comme qui dirait dans un nuage. La récente audience du chef de file des « Patriotes » avec le Khalife Général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké malgré les crocs-en-jambe et les peaux de bananes glissées ça et là confirme que le Pastef a le vent en poupe.

Une situation qui si on se fie aux déclarations de Cheikh Thioro Mbacké le Coordonnateur du parti à Touba, est une suite logique du travail abattu par Pastef mais également grâce à la dimension de leur leader qui aussi bien avant et pendant les émeutes de mars dernier, avait suivi à la lettre les indications de Serigne Touba en décidant de répondre à la convocation du Juge d’instruction et d’appeler à l’apaisement plus tard. Mais, cette   tendance observée ces dernières semaines se confirme également vers d’autres secteurs de la société. Selon une enquête récente de Atlanticactu, Pastef semble avoir tapé plus en plus dans l’œil de certains éléments des forces de sécurité et de défense..

Voir Aussi  Abdou Mbaye A Le Cœur Triste !

Même si les policiers, gendarmes et militaires ont le droit de vote, il leur est formellement interdit d’afficher leur appartenance politique. Ce qui soit dit en passant est une gageure car, en votant ces hommes de tenue expriment de facto leur appartenance politique

Qu’est-ce qui serait à cette « nouvelle idylle » entre hommes de tenue et Pastef , « Ras-le-bol général dans la profession avec les morts qui vont hanter le sommeil de nombreux d’entre eux », selon Amadou Sarr, un officier de police à la retraite

Si le PDS de Abdoulaye Wade avait sa fameuse « liste bleue » où étaient consignés et soigneusement gardés les noms des policiers, gendarmes, militaires, magistrats et autres hauts fonctionnaires du défunt pouvoir socialiste qui avaient épousé sa cause, Pastef détiendrait – il une liste « Patriotes ». Tout semble l’indiquer car au plus fort des derniers événements qui avaient secoué le pays, non seulement Ousmane Sonko avait révélé qu’autant le pouvoir pouvait les espionner, autant Pastef disposait de solides relations au plus sommet de l’État. La preuve, Ousmane Sonko et ses avocats avaient anticipé sur tous les traquenards mis en place pour l’arrêter.

Les résultats de cette enquête remontent aux premières heures après les appels à l’apaisement lancés par Macky Sall et Ousmane Sonko au moment où le Sénégal était plus proche du chaos. Certains agents approchés ont exprimé une colère ressentie sur le terrain. « Il y a un phénomène de grande fatigue professionnelle et de déception », et mieux, « Comment tirer sur des personnes désarmées qui exprimaient juste un droit même s’il faut noter qu’il y a eu des dérapages ».

Voir Aussi  Dernière minute- Mauvaise nouvelle pour Mansour FAYE

Même constat pour cet agent de police qui a préféré garder l’anonymat, « Au bout d’un moment, le policier, il en a un peu marre et se tourne vers un politique qui est prêt à prendre en compte sa détresse sur le plan humain, matériel et financier », affirme-t-il. Car, nous déclare t-il, « depuis plusieurs mois, nous sommes plusieurs dizaines de policiers à subir une injustice dans nos promotions et avancements. On nous prive de missions onusiennes, ce qu’on peut accepter car relevant de l’initiative de la hiérarchie mais, on ne peut nous priver d’un droit ».

« Le président Macky Sall doit se pencher personnellement sur la question des avancements des agents de police », fulmine notre interlocuteur.

Quant au Pastef, qui refuse de confirmer une quelconque affiliation de militaires ou policiers, « Nous travaillons à la massification du parti et ces derniers jours, plusieurs milliers de sénégalais se sont engagés pour mener à bon port le projet des patriotes », confirme Mme Diedhiou Ousmane Sonko la présidente des femmes de Pastef du département de Bignona.

 

PAPE SANÉ

 

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.