Dans la lutte contre le Covid-19, le Sénégal a fait le pari de gagner la bataille de la prévention. Ainsi, les gouvernants ont pris les devants en instaurant des mesures allant de l’interdiction des rassemblements à la fermeture des frontières. 

L’état d’urgence a été déclaré et un semi confinement est de rigueur depuis quelques semaines. Des mesures qui semblent efficaces puisque la page des cas importés semble derrière nous.

Le Sénégal a déclaré son premier patient par le fait d’un cas importé. Aujourd’hui, la contamination par la voie communautaire inquiète les autorités sanitaires. A juste titre puisque la chaîne de transmission est inconnue.

A ce jour, le pays en compte 27 alors que les cas contacts suivis dans les structures sanitaires sont dénombrés à 202. Les importés se chiffrent à 85. 

Si ce mode de contamination n’est pas très tôt maîtrisé, le nombre de cas risque d’aller crescendo, mettant du coup, les techniciens en première ligne dans des difficultés de prise en charge presque certaines avec une découverte tardive de la maladie.

Dès l’apparition du virus au Sénégal, le Professeur Moussa Seydi a ressassé que tous les efforts devraient être concentrés sur la prévention pour ne pas avoir à suivre plusieurs cas graves. Une situation qui risque d’être intenable au regard des moyens dont dispose notre pays.

Mais cette prévention ne devrait-elle pas impliquer la prise en charge préemptive des plus vulnérables, c’est à dire les personnes âgées et celles qui souffrent de pathologies graves. Cela devrait passer par un dépistage de masse dans cette frange de la population pendant qu’il est temps.

Si on sait qu’elles constituent la majorité des cas de coronavirus développant des formes graves, un tel procédé permettrait de détecter très tôt la maladie – pour celles d’entre elles qui seront positives-, et par conséquent de les suivre pour éviter toute complication qui serait éventuellement source de décès. Au Sénégal, les deux décès concernent deux patients qui avaient des maladies secondaires. L’un était âgé de plus de 60 ans.

La faisabilité ne nécessite pas des moyens exorbitants. Dans un premier temps, il faudrait recenser les personnes du 3e âge en s’appuyant sur les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Le reste sera complété sur le terrain avec l’aide des décideurs locaux. Pour ce qui concerne les personnes présentant d’autres maladies((diabète, hypertension etc), se référer à leurs médecins traitants. Ainsi, le Sénégal prendra les devants en mettant à l’abri les plus exposés et par ricochet, maîtrisera le taux de létalité. 

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