Le Sénégal compte, aujourd’hui, 2 morts des suites du coronavirus. Le premier décès est survenu le 31 mars dernier. Il s’agit de l’ancien président de l’Olympique de Marseille, Mababa Diouf plus connu sous le nom de Pape Diouf qui était sous assistance respiratoire du fait de la gravité de son état. Comme lui, une dame âgée de 58 ans, célèbre restauratrice, a rendu l’âme également à l’hôpital de Fann à cause de la maladie Covid-19. Alors qu’elle était asthmatique. Donc, une comorbidité !

En outre, un autre patient sévère a été évacué vers son pays d’origine sur sa demande, selon le ministère de la Santé et de l’Action sociale.
Ainsi, l’on est tenté de dire que la prise en charge des cas graves est une équation. Pis avec 10 lits disponibles et très peu de respirateurs au Sénégal, les cas graves de Covid-19 sont presque condamnés à la mort, si jamais le nombre grimpe. Car, au-delà du déficit de matériel, il se pose aussi un problème de ressources humaines dans la médecine d’urgence.

Déficit de machines, de respiration et de personnel qualifié

Médecin anesthésiste-réanimateur, Docteur Oumar Boun Khatab Thiam a relevé le fait que le Sénégal ne dispose pas suffisamment d’appareils de respiration artificielle pour prendre en charge les potentiels cas graves. “On n’a pas assez de machines ! Surtout dans ce contexte-là, il n’y en a jamais assez, quel que soit le nombre”, prévient-il.

Quid de la commande de l’État du Sénégal de plus de 3 milliards de F CFA en appareils d’assistance respiratoire pour la prise en charge des cas graves ? Docteur Thiam est catégorique. Selon lui, quelle que soit la commande, cela ne suffira pas.

« Ce n’est pas parce qu’on a des machines qu’on est à l’abri. Est-ce qu’on a le personnel suffisant pour les faire fonctionner ? Car ce n’est pas n’importe quel médecin qui sait les manipuler. Il faut qu’il soit bien formé. Il faut des spécialistes en anesthésie-réanimation ou bien un infirmier en anesthésie-réanimation », a indiqué l’ancien chef du Bloc opératoire de l’hôpital Aristide Le Dantec.

« Seul le minimum est fait au Sénégal »

Le chef du Service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Fann, Professeur Moussa Seydi, avait déclaré qu’il y aura des difficultés énormes, si le nombre de cas positifs au coronavirus nécessitant une ventilation assistée est élevé. Depuis, le pays tarde à trouver des solutions à ces problèmes.

Pour sa part, le responsable des Opérations de réponse pour l’Organisation mondiale de la santé (Oms), le Docteur Michel Yao, a également déclaré que le Sénégal n’est prêt que pour la prise en charge des 100 premiers cas de coronavirus.

A l’en croire, seul le minimum est fait au Sénégal. Et de signaler : «Nous sommes aux côtés des autorités sénégalaises pour avancer rapidement. Mais je peux dire qu’il y a le minimum en ce moment pour gérer les premiers cas. Il faut maintenant penser au pire scénario, à savoir si on arrive à une contamination massive et qu’on n’a pas les dispositions pour pouvoir faire face».

A ce jour, 226 cas ont été contaminés à la maladie Covid-19, au Sénégal. Il s’agit de 82 guéris, 2 décès, 1 évacué et encore 131 cas sous traitement.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.