Il est difficile de croire que la pandémie du coronavirus a été maîtrisée au Sénégal avec le nombre de décès qui ne cesse d’augmenter. En 15 jours, 28 décès ont été enregistrés, plus que le nombre de morts notés entre les mois de mars et avril où on était à 9. A ce rythme, le mois de juin risque d’être plus macabre que mai avec 34 décès.
Le 4 juin dernier, en annonçant la levée des restrictions dans le transport et la réouverture des restaurants, le ministre de la Santé et de l’action sociale assurait qu’il y a une «bonne maîtrise de la pandémie et une tendance baissière des cas positifs». Seulement, les chiffres qui sont annoncés chaque jour par les services du ministère montrent le contraire. Non seulement il a été noté une augmentation des cas, mais aussi le retour des cas importés. A cela s’ajoute le nombre de cas graves et de décès en hausse. Avec cette situation, difficile de faire croire, même aux plus optimistes, que le pic a été dépassé au Sénégal. Certes le nombre de décès a commencé à augmenter depuis le mois de mai, mais c’est courant juin qu’il a commencé à être beaucoup plus important. Hier par exemple, 6 décès ont été enregistrés. Ce qui est une première depuis l’apparition du coronavirus au Sénégal le 2 mars dernier.
Du 1er au 16 juin, le nombre de décès liés au Covid-19 est passé de 42 à 70.

Cela veut dire qu’en 15 jours, 28 personnes sont mortes du Covid-19. Ce qui est étonnant dans une période où l’on annonce que la pandémie est maîtrisée et que le pic est dépassé. Il faut préciser que le nombre de décès était de 9 au 1er mai dernier. Ces chiffres montrent que durant les mois de mai et juin, la courbe de la mortalité liée au coronavirus a été ascendante. Une situation qui ne devrait pas pour autant surprendre vu l’augmentation du nombre de cas graves. Ce bilan rejoint les prévisions du Pr Moussa Seydi qui a toujours fait savoir qu’une hausse des cas positifs rime avec augmentation de nombre de cas graves et de décès. Même si à côté de ces chiffres il est noté un nombre important de guéris, la flambée des cas graves et de décès devrait inquiéter, surtout dans un contexte de levée des restrictions dans les transports et le relâchement constaté pour le respect des gestes barrières.
Lors de la conférence de presse du 4 juin avec ses collègues des ministères de l’Intérieur et des Transports terrestres, Abdoulaye Diouf Sarr faisait savoir que le taux de positivité de la maladie au Sénégal est de 7,36%, le taux de guérison de 53,77%, et le taux de létalité de 1,12% (Ndlr : le nombre de décès était de 45). Il avait également dit qu’une «élévation rapide de la courbe des cas confirmés, entre la semaine du 20 avril et celle du 11 mai 2020», a été notée.

Chiffres à l’appui, le ministre de la Santé et de l’action sociale précisait que «sur cette période, le nombre de cas confirmés est passé de 304 à 771 par semaine». Conclusion de Abdoulaye Diouf Sarr : «Actuellement, nous constatons avec espoir une tendance baissière de la courbe des cas confirmés.» Avec l’augmentation du nombre de cas et de décès, peut-on encore croire aux arguments du gouvernement pour lever les restrictions sur des mesures prises à un moment où le Sénégal n’avait enregistré qu’une vingtaine de cas et zéro décès ? Espérons que lors du prochain point mensuel sur la pandémie l’on aura toutes les réponses à ces questions.

LeQuotidien

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