Le leadership du Président Macky Sall vient d’être sacré une fois de plus sur la place internationale, à travers le choix porté sur sa personne par le MEDEF pour en faire l’invité d’honneur des Rencontres des Entrepreneurs de France. Une telle distinction intervient dans un contexte qui lui confère une dimension particulière.

Les investisseurs et employeurs de la 6ème économie du monde ont posé cet acte fort au moment où l’économie mondiale traverse une crise qui dépasse tout ce qu’on a connu depuis la fin de la 2nde Guerre mondiale, avec les cessations partielles ou totales d’activités, les chiffres d’affaires en chute libre et les pertes d’emplois déclinées par milliers ou dizaines de milliers. Le choix du thème qui porte sur la Renaissance des entreprises de France trouve ainsi toute sa signification, et l’intérêt manifesté pour le Président du Sénégal ouvre de grandes perspectives pour son pays.

Le discours prononcé à cette occasion par l’illustre hôte a été remarquable par sa hauteur, son engagement et la vision qu’il porte. Après avoir campé le contexte et cerné les enjeux, le Président Macky Sall a d’abord parlé en tant qu’un grand dirigeant du monde avant d’endosser sa robe d’avocat, défenseur infatigable du continent africain et plaideur avisé pour le compte de son pays, le Sénégal.

Ce discours de très haute facture et d’une clarté cristalline ne semble cependant pas à la portée de l’universitaire Yankhoba Seydi, secrétaire national aux Relations internationales et directeur de l’école du parti Rewmi.

Dans un texte titré « Après 8 ans de gestion, Macky reconnaît l’urgence de redéfinir l’ordre des priorités. En rire ou en pleurer ? » Mr Seydi, coincé entre biais et raccourcis, se trouve empêtré dans un tissu d’amalgames et  révèle une incapacité radicale à se hisser au niveau du message présidentiel.

De quoi s’agit-il ?

Fidèle à la vision qu’il décline depuis le début de la crise pandémique, le Président Macky Sall a profité de la tribune offerte par le MEDEF pour mettre en évidence une fois de plus les paradoxes d’un monde qui est à un niveau de développement scientifique et technologique lui permettant de se lancer à la conquête de l’espace pendant que sur terre il manque d’instruments et équipements médicaux des plus élémentaires. Et comme à son habitude, il interpelle ce monde sur la nécessité de repenser son modèle, d’apprendre de ses erreurs et de redéfinir ses priorités. Yankhoba Seydi qui, manifestement, n’a pas compris l’échelle de communication du Président de la République, ramène tout à la situation intérieure du Sénégal pour brandir de prétendus aveux d’échec après 8 ans de gestion. 

Le nouvel ordre de priorités préconisé par le Président Sall pour l’humanité (et non pour son pays), c’est celui qu’il met en œuvre depuis 2012 au Sénégal, sans avoir attendu que la crise  mondiale de la Covid-19 confronte la planète à ses propres contradictions. En préconisant plus d’engagement dans des secteurs comme l’agriculture, l’énergie durable, les infrastructures, la santé, l’éducation et la formation, il invite simplement les autres à suivre la voie dans laquelle il a engagé son pays. 

Ce sens du discours présidentiel, malgré son caractère manifeste, échappe à Mr Seydi gêné dans sa perception par son empressement à requérir à charge. Ainsi, ne voit-il encore que des aveux sur ce qu’il appelle « l’énorme dette publique et privée », là où le Président Macky Sall plaide « pour un allègement conséquent de la dette publique africaine et un réarrangement de la dette privée selon des modalités à convenir ». Pourtant, cet appel qui intervient dans une situation exceptionnelle nécessitant des mesures exceptionnelles, est clairement argumenté par le souci « de permettre à nos pays de disposer d’espaces budgétaires qui seront entièrement consacrés à la riposte sanitaire, à la résilience économique et sociale, et à la sauvegarde de l’emploi ».

Yankhoba Seydi n’a pas non plus su résister aux sirènes du populisme à la mode, en dénonçant « le poids des entreprises étrangères en général et des entreprises françaises en particulier dans l’économie sénégalaise ». Un discours insolite à la lisière de l’hérésie quand il provient du chargé des Relations internationales d’un grand parti libéral revendiquant avec fierté son ancrage idéologique. Peut-être aurait-il souhaité qu’à son arrivée aux affaires, le Président Macky Sall signât des actes d’expulsion de toutes ces entreprises qui étaient déjà là avant son élection. Chasser du pays les entreprises étrangères et construire l’économie avec les seules entreprises nationales apparaît comme la nouvelle doctrine de Mr Seydi qui mue ainsi du libéralisme au populisme d’extrême droite, nationaliste et xénophobe.

Au moment où chaque État veut attirer investisseurs et capitaux, où les grandes puissances parlent de plus en plus de relocaliser leurs entreprises dispersées dans le monde, la bataille de l’attractivité et de la compétitivité pour capter les investissements nationaux comme étrangers demeure un enjeu de taille dans la politique du Président Macky Sall.

Idrissa TALL

Économiste – financier

Responsable APR à Kaolack

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